Qu’est ce que l’argent ?

Qu'est ce que l'argent ?

Vous êtes-vous déjà demandé ce qu’était l’argent et pourquoi nous accordions autant d’importance à ces rectangles en coton avec un chiffre imprimé dessus ? Tous les jours, nous l’utilisons, nous le manipulons, nous en parlons, il est dans nos mains, dans un coffre… mais savons-nous ce que c’est réellement ?

Ce n’est autre qu’un instrument de confiance.

Aujourd’hui, vous acceptez des euros en tant salaire car vous savez que vous pourrez les utiliser pour payer votre loyers ou bien dans les commerces d’Europe. D’autre part, les commerçants acceptent les euros car ils savent qu’il pourront les utiliser contre un autre service. De façon grossière, si tout le monde décide d’accepter des cuillères en bois en guise de paiement avec la certitude que cette cuillère en bois peut permettre d’acheter un autre service, cela deviendrait une économie viable.

Il y a  environ 10 000 ans, nos ancêtres pratiquaient le troc : des animaux contre une récolte de blé ou encore des carottes contre des pommes de terre… Seulement, ce système présentait de sérieux défauts lorsque l’offre ne rencontrait pas la demande. Que  faire de ses vaches si personne ne souhaite procéder à un échange ?

Pour pallier ce problème, les Hommes sont passés à des unités d’échange standardisées comme des coquillages ou des métaux précieux (or, argent…). Très vite, des pièces d’Or sont apparues et devenaient un moyen simple d’échanger de la valeur. A l’inverse d’une récolte ou d’un animal, la pièce ne menaçait pas de pourrir et était bien plus simple à transporter.

L’argent papier est une notion plutôt jeune qui date du 20ème siècle.

Interdiction de posséder de l’Or

D’ailleurs, saviez-vous que la possession d’Or s’est vue interdite en 1933 ? En pleine crise économique, le président Roosevelt usait de ses pleins pouvoirs pour déclarer le 5 Avril 1933 que l’Or détenu par les citoyens américains devait être retourné à l’État. Le décret ne s’arrêtait pas là et a également décrété illégale la possession d’espèces métalliques à des fins de thésaurisation.

Concrètement, les américains avaient jusqu’au 5 Mai 1933 pour restituer leur patrimoine doré qui serait racheté à hauteur du prix officiel courant (~ 20 dollars pour 28 grammes).

Au-delà de cette date, “la détention de tels effets était passible de pénalités, pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison et/ou une amende de 10 000 dollars de l’époque. Ces peines ont été appliquées, mais à de rares et notables occasions[1]”.

Cela a permis au gouvernement de rapatrier environ 21% de l’Or détenu par les ressortissants américains. L’État américain est revenu sur sa position en 1934 mais le mal était fait… Cette idée a été reprise par plusieurs gouvernements, notamment de la France, l’Italie et l’Australie.

En ce qui concerne la France, c’est le 1er octobre 1936 que le gouvernement français a interdit le commerce de l’or. Les propriétaires de plus de 200 grammes d’or furent obligés de céder leurs possessions au prix d’achat à la Banque de France.

À l’échelle nationale, 87 tonnes seront récupérées et un décret du 17 février 1937 assimilera la détention d’or à de la contrebande. Mais quelques jours plus tard, le 9 mars 1937, la détention et le commerce de l’or redeviennent libres.

Des va-et-vient incessants qui mettent montrent l’impuissance des citoyens… Ces pratiques sont encore en vigueur en temps de crise, comme nous l’avons vu pour Chypre (2013) et la Grèce (2015).

Retournons outre-Atlantique, lorsque le président Nixon a décidé de ne plus indexer le dollar sur l’Or en 1971… Oups… Voilà une vérité qu’on oublie soigneusement de vous apprendre à l’école ! Pour faire simple, le gouvernement américain était tenu de garantir une correspondance entre les dollars en circulation et l’or disponible. Mais la production d’Or étant lente et limitée, elle freinait la croissance du pays. Décorréler le dollar de l’or a donné toute la latitude nécessaire au gouvernement américain pour faire tourner la planche à billets à plein régime. Ce que Valéry Giscard d’Estaing appelait un “privilège exorbitant” et que l’économiste Barry Eichengreen résume très bien :

“Cela coûte quelques centimes au Bureau de gravure de produire un billet de 100 dollars mais les autres pays – eux – doivent créer 100 dollars de produit pour en obtenir un”. En d’autres termes, le gouvernement envoie du “papier” aux autres États en échange de produits avec une réelle valeur.

J’espère que ce bref instant d’histoire vous a permis de prendre conscience que l’argent évoluait sans cesse et que sa valeur n’est que le reflet de la confiance que les humains lui portent. Ce qui est une évidence aujourd’hui ne l’était pas avant, et ne le sera pas demain ! Les changements incessants des divers gouvernements au sujet de l’or en sont la preuve et ne peuvent que renforcer cette idée.


Et le bitcoin ?

Le statut du bitcoin n’échappe pas à la règle et devra faire face à de multiples contestations avant d’être communément accepté. Étudions à présent ses forces et s’il est possible de parler de bulle en ce qui le concerne dans cet autre article.


Si les enjeux économiques et sociaux du bitcoin vous intéresse. Ceci est un extrait de mon livre “Le bitcoin est-il vraiment une bulle ?” disponible sur Amazon.


[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Executive_Order_6102

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